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Se former aux arts plastiques en France : université, écoles d'art et formation continue

Se former aux arts plastiques en France : université, écoles d'art et formation continue

Trois portes mènent à une formation arts plastiques en France : la licence universitaire, l'école supérieure d'art publique et le DNMADe des métiers d'art et du design. Chacune mène à un diplôme national reconnu par l'État, mais le rapport entre pratique d'atelier, histoire de l'art et recherche n'y est pas le même. Le bon choix dépend de votre dossier, de votre projet d'artiste ou d'enseignant et du niveau d'études visé, du bac+3 au master.

Université
Licence arts plastiques sur Parcoursup, sans concours, forte part de théorie et d'histoire de l'art, poursuite en master ou vers l'enseignement.
École supérieure d'art
Admission sur dossier et entretien, DNA à bac+3 puis DNSEP à bac+5, journée construite autour de l'atelier et du projet personnel.
DNMADe
Trois ans en lycée ou en établissement public, orientés vers un métier d'art ou un domaine du design précis.
Adulte en reconversion
Formation professionnelle continue, cours du soir, formation à distance ou en ligne, parfois finançable par le CPF.

Licence, DNA, DNMADe, DNSEP : ce que délivre chaque formation

Le paysage des études en arts plastiques paraît touffu parce que deux ministères s'y partagent l'enseignement supérieur. L'Enseignement supérieur et la Recherche porte les universités et leurs licences et masters ; la Culture porte les écoles supérieures d'art publiques, qui délivrent leurs propres diplômes nationaux. Le DNMADe, lui, se prépare surtout dans des lycées publics et quelques établissements spécialisés.

La licence artistique à l'université dure trois ans. La mention arts plastiques mêle cours pratiques (dessin, peinture, volume, photographie, vidéo, image numérique) et enseignements théoriques : histoire de l'art, philosophie de l'art, esthétique, sciences de l'art, analyse d'œuvres. La part théorique y est plus lourde qu'en école, ce qui plaît aux étudiants qui visent la recherche, la médiation ou l'enseignement.

Le DNA, diplôme national d'art, sanctionne trois années en école supérieure d'art. Il a remplacé l'ancien DNAP en 2018 et confère le grade de licence. Le DNSEP, diplôme national supérieur d'expression plastique, se prépare en deux années supplémentaires et confère le grade de master. Entre les deux, l'étudiant construit une démarche personnelle, soutenue devant un jury qui réunit des artistes et des enseignants.

Le DNMADe, diplôme national des métiers d'art et du design, se prépare en trois ans et confère lui aussi le grade de licence. Il ne forme pas d'abord des plasticiens : il prépare à un domaine précis (céramique, textile, ébénisterie, graphisme, objet, espace, numérique), avec une forte part d'atelier technique. Le détail des mentions figure dans notre page sur la formation métiers d'art, du CAP au DN MADE.

FormationÉtablissementAdmissionNiveauDominante
Licence arts plastiquesUniversitéParcoursup, dossierBac+3Théorie, histoire de l'art, pratique
DNAÉcole supérieure d'artDossier, travaux, entretienBac+3, grade licenceAtelier, projet personnel
DNMADeLycée, établissement publicParcoursup, dossierBac+3, grade licenceTechnique d'un métier, design
Master arts plastiquesUniversitéDossier après licenceBac+5Recherche, création, enseignement
DNSEPÉcole supérieure d'artAprès DNA ou équivalenceBac+5, grade masterDémarche d'artiste, exposition

Quel bac pour entrer en arts plastiques ?

Aucun bac n'est exigé par les textes. Une licence arts plastiques accepte en principe tous les bacheliers, et les écoles d'art recrutent des profils variés. Dans les faits, l'enseignement de spécialité arts plastiques au lycée général, puis l'option en terminale, prépare bien : on y pratique, on y analyse des œuvres, on y apprend à rédiger sur sa propre création. Le bac STD2A (sciences et technologies du design et des arts appliqués) mène plus naturellement vers le DNMADe, grâce à ses heures d'atelier et de dessin technique.

Le bac ne fait pas tout. Ce qui pèse dans un dossier, c'est la preuve d'une pratique personnelle régulière : carnets de croquis, travaux réalisés hors du lycée, intérêt documenté pour l'art contemporain, visites d'expositions. Un élève de bac professionnel artisanat et métiers d'art a souvent un savoir-faire technique que les jurys de DNMADe apprécient. Pour la saisie des vœux, le calendrier et la lettre de motivation, voir notre guide Parcoursup arts et culture.

Il existe aussi des années de mise à niveau. Les classes préparatoires publiques, intégrées à certaines écoles d'art ou à des lycées, accueillent des bacheliers pendant un an pour constituer un dossier solide. Les prépas privées suivent la même logique, avec des frais de scolarité nettement plus élevés et des résultats inégaux d'un établissement à l'autre : la page prépa art, ses trois voies et leurs taux d'admission compare les options.

Comment se passe l'admission en école supérieure d'art ?

Les écoles supérieures d'art publiques sont une quarantaine en France, réparties sur tout le territoire : écoles nationales comme les Beaux-Arts de Paris ou la Villa Arson à Nice, et écoles territoriales portées par les collectivités. Chacune organise son propre concours d'entrée en première année, en général au printemps, et le calendrier se consulte sur le site de chaque établissement.

Le concours combine presque toujours trois éléments. Le dossier de travaux d'abord, souvent appelé portfolio : une sélection de dessins, peintures, photographies, volumes ou vidéos, accompagnée d'un texte court. Puis une ou plusieurs épreuves pratiques ou écrites, selon l'école. Enfin un entretien avec un jury d'enseignants et d'artistes, qui cherche moins une technique maîtrisée qu'une curiosité et un regard. Ce que le jury lit vraiment dans les travaux est détaillé dans ce que le jury attend d'un portfolio d'école d'art.

La sélection est réelle : les places sont limitées et les candidats nombreux. Les écoles publient rarement des statistiques comparables, il vaut donc mieux se méfier des taux d'admission annoncés sans source. Postuler dans plusieurs écoles la même année est courant et conseillé. Une admission en cours de cursus est aussi possible : un étudiant de licence peut entrer en deuxième ou troisième année d'école d'art sur dossier, par une commission d'équivalence.

Le panorama des établissements, de l'ENSBA aux écoles régionales, et la différence entre écoles nationales et territoriales sont présentés dans notre page sur les écoles des beaux-arts en France.

Ce que l'on apprend : techniques, cours et ateliers

Les techniques enseignées couvrent l'ensemble du champ des arts plastiques. Le socle reste le dessin, sous toutes ses formes : observation, modèle vivant, croquis rapide, dessin d'intention. Viennent ensuite la peinture, la gravure et l'estampe, la sculpture et le volume (modelage, moulage, bois, métal, céramique), la photographie argentique et numérique, la vidéo et le montage, l'installation, la performance, l'édition et l'image numérique. Les écoles disposent d'ateliers techniques encadrés par des assistants spécialisés, et l'accès à ces outils est l'un de leurs grands atouts. Faire de l'image un métier à part entière demande souvent une formation en photographie plus spécialisée, du BTS aux écoles nationales sur concours.

À côté de la pratique, les cours théoriques structurent le cursus : histoire de l'art de l'Antiquité à l'art contemporain, philosophie de l'art et esthétique, sciences humaines, langues, méthodologie de la recherche. En licence universitaire, ces cours représentent une part importante de l'année. En école, ils sont présents mais servent d'abord le projet de l'étudiant.

Le déroulement d'une formation en arts plastiques suit une progression assez stable :

  • Première année : découverte de toutes les techniques, exercices imposés, apprentissage de la culture visuelle et des outils.
  • Deuxième année : choix d'une dominante, premiers projets personnels, stage ou voyage d'étude selon l'établissement.
  • Troisième année : construction d'une démarche, présentation publique des travaux, soutenance du diplôme (licence, DNA ou DNMADe).
  • Quatrième et cinquième années : recherche, mémoire, exposition de fin d'études, préparation à la vie professionnelle (DNSEP ou master).

Le stage tient une place variable. Obligatoire en DNMADe et dans la plupart des écoles, il se fait en atelier d'artiste, en entreprise de design, dans un centre d'art, une galerie ou un musée. Il donne une première expérience professionnelle et souvent un premier réseau.

Après une licence arts plastiques : poursuite d'études et métiers

Après une licence arts plastiques, la poursuite d'études est la règle plutôt que l'exception. Plusieurs voies s'ouvrent : un master arts plastiques orienté recherche ou création, un master MEEF pour préparer l'enseignement, un master en médiation culturelle, en gestion de projets culturels ou en métiers de l'exposition, ou une entrée en école d'art en cours de cursus. Les étudiants qui veulent une voie plus technique rejoignent parfois un DNMADe ou un cursus de design.

Les débouchés se répartissent en plusieurs familles de métiers :

  • Création : artiste plasticien, illustrateur, photographe, céramiste, sculpteur, souvent sous statut d'artiste-auteur, avec une activité complémentaire les premières années.
  • Enseignement : professeur d'arts plastiques au collège et au lycée après le CAPES ou l'agrégation d'arts plastiques, enseignant en école d'art, animateur d'atelier pour enfants ou adultes.
  • Médiation et culture : médiateur dans un musée ou un centre d'art contemporain, chargé des publics, régisseur d'exposition, assistant de galerie.
  • Design et image : graphiste, directeur artistique, scénographe, décorateur, métiers du numérique et de l'image animée.

L'insertion demande du temps. Les jeunes diplômés cumulent souvent plusieurs activités : commandes, ateliers, résidences, enseignement à temps partiel. Construire très tôt un réseau, documenter son travail et candidater aux appels à projets fait partie du métier. Une vue d'ensemble des carrières du secteur se trouve sur notre page consacrée au milieu artistique en France.

Se former à l'âge adulte : formation professionnelle, à distance ou en ligne

Une formation arts plastiques ne se limite pas à la formation initiale des bacheliers. Les adultes en reconversion, les professeurs des écoles qui veulent enrichir leur pratique ou les animateurs qui encadrent des ateliers disposent d'une offre de formation professionnelle continue. Elle va du cours du soir municipal aux stages intensifs de quelques jours, en passant par des parcours certifiants de plusieurs mois.

Le Cnam, plusieurs universités et des organismes privés proposent des modules en histoire de l'art, en pratique plastique ou en animation d'atelier. Certaines formations certifiées, inscrites au répertoire national, sont éligibles au compte personnel de formation : les conditions sont expliquées dans notre page sur le CPF et la formation artistique. Avant de s'engager, il est utile de télécharger le programme détaillé, de vérifier le volume horaire réel et la part d'atelier, et de demander si une session d'information est prévue.

La formation à distance et la formation en ligne se sont beaucoup développées. Elles conviennent bien à la théorie (histoire de l'art, culture artistique, esthétique) et aux techniques qui se pratiquent seul, comme le dessin ou la peinture. Elles montrent leurs limites dès qu'il faut un équipement lourd : four de céramique, presse de gravure, atelier bois ou métal. Un cursus hybride, avec des regroupements en présentiel, est souvent le meilleur compromis pour un public adulte.

Il existe enfin des cursus en alternance, surtout dans les métiers d'art et le design, qui permettent d'apprendre en étant rémunéré : voir notre page sur la formation artistique en alternance.

Semestres, crédits ECTS et parcours : l'organisation d'un cursus universitaire

À l'université, la licence arts plastiques s'organise en six semestres de 30 crédits ECTS chacun, soit 180 ECTS pour le diplôme complet ; le master en ajoute 120. Chaque semestre réunit plusieurs unités d'enseignement, elles-mêmes découpées en modules : un bloc de fondamentaux disciplinaires (pratique plastique, histoire de l'art du XIXe siècle à l'art contemporain, philosophie et théorie de l'art), un bloc de méthodologie (analyse de texte et d'œuvre, expression écrite et orale, anglais) et un bloc d'ouverture choisi dans une autre composante de l'université.

Les crédits ECTS facilitent la mobilité : un étudiant peut valider un semestre à l'étranger ou changer d'établissement en cours de cursus sans tout reprendre. Dès la deuxième année, la plupart des universités proposent plusieurs parcours spécifiques : création et pratique, métiers de l'enseignement, médiation et exposition, image et numérique. Le choix d'un parcours oriente la poursuite en master et le type d'emploi visé.

Plusieurs dispositifs accompagnent les étudiants : tutorat par des étudiants plus avancés en première année, rencontres avec des artistes invités, journée d'orientation, référent handicap pour adapter les examens et l'accès aux ateliers, service d'aide à l'insertion professionnelle. Les compétences acquises sont décrites dans la fiche du diplôme au répertoire national : savoir conduire un projet de création, situer une œuvre dans l'histoire et dans la société, mener une activité de recherche, présenter son travail à un public. Ces compétences comptent autant que la qualité des travaux pour un recruteur ou un jury de master.

Les prérequis, les modules de chaque semestre et les effectifs sont publiés dans la fiche de formation de chaque université, souvent en PDF à télécharger : la consulter avant de candidater évite les mauvaises surprises sur la part réelle de pratique individuelle.

Bien choisir son établissement

Le choix d'un établissement se prépare comme un projet. Quelques critères aident à comparer des formations qui portent des intitulés proches :

  • Le diplôme délivré : diplôme national (licence, DNA, DNMADe, DNSEP, master) ou certificat d'école. Seul le premier garantit le grade et la poursuite d'études partout en France et en Europe.
  • Le statut de l'établissement : public ou privé, et dans ce cas reconnu par l'État ou non. Les écoles privées ne délivrent pas toutes un titre reconnu.
  • La place de l'atelier : nombre d'heures de pratique, équipements accessibles, encadrement technique.
  • Les enseignants : artistes en activité, chercheurs, professionnels du design.
  • La vie de l'école : expositions, partenariats avec des centres d'art, échanges internationaux, résidences.
  • Le coût : frais d'inscription, matériel, logement, et possibilité d'obtenir une bourse sur critères sociaux.

Les journées portes ouvertes restent le meilleur moyen de juger : on y voit les ateliers, les travaux des étudiants et l'ambiance. Les sites de l'Onisep et de chaque établissement donnent l'information officielle sur les diplômes, les dates de concours et les dossiers à déposer.

Bac, âge, distance : les doutes avant une formation arts plastiques

Peut-on entrer en école d'art sans spécialité arts plastiques au lycée ?

Oui, l'admission en école supérieure d'art repose sur le dossier de travaux et l'entretien, pas sur la spécialité suivie. Un candidat qui a développé une pratique personnelle régulière peut tout à fait réussir le concours.

Existe-t-il une limite d'âge pour suivre une formation en arts plastiques ?

Non pour la formation continue, et les universités accueillent des étudiants de tout âge. Les écoles supérieures d'art fixent parfois des conditions pour le concours de première année : il faut vérifier le règlement de chaque établissement.

Une formation à distance suffit-elle pour devenir artiste plasticien ?

Elle peut suffire pour la théorie et certaines pratiques comme le dessin ou la peinture, mais elle ne remplace pas l'accès aux ateliers techniques ni la critique collective. Un cursus hybride ou des stages en présentiel complètent utilement une formation en ligne.

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