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La licence artistique à l'université : parcours, études et métiers visés

La licence artistique à l'université : parcours, études et métiers visés

La licence artistique est un diplôme universitaire de trois ans (180 crédits ECTS) qui associe pratique artistique et enseignement théorique : arts plastiques, arts du spectacle, musique et musicologie, histoire de l'art. Accessible sur dossier après le bac, cette formation en arts du spectacle vivant ou visuel conduit d'abord au master, puis à une insertion professionnelle dans la culture, la médiation et l'enseignement artistique.

Durée et niveau
Six semestres, diplôme national de licence (bac+3), délivré par une université publique.
Les grandes mentions
Arts, arts plastiques, arts du spectacle, musicologie, histoire de l'art.
Après le diplôme
Master dans la grande majorité des cas ; insertion directe possible en médiation, animation ou production.

Ce que recouvre l'expression « licence artistique »

Sur un moteur de recherche, le terme licence artistique désigne trois choses différentes, et la confusion est fréquente. Le sens le plus courant, celui de cette page, est la licence universitaire en arts : un diplôme d'études supérieures, inscrit dans le cycle licence, master, doctorat, que l'on prépare dans une UFR d'arts, de lettres ou de sciences humaines.

Le deuxième sens est administratif. La licence d'agent artistique, autorisation que l'État délivrait aux personnes qui placent des artistes du spectacle, a été supprimée par la loi du 22 juillet 2010 ; l'activité d'agent reste encadrée par le Code du travail, mais elle ne passe plus par une licence. De même, la licence d'entrepreneur de spectacles vivants a été remplacée en octobre 2019 par une déclaration en ligne auprès des services du ministère de la Culture. Ces deux dispositifs concernent l'organisation professionnelle du spectacle, pas les études.

Le troisième sens relève du droit d'auteur. La licence Art Libre, rédigée en 2000 par le collectif Copyleft Attitude, est une licence de diffusion « copyleft » : un artiste autorise la copie, la diffusion et la transformation de son œuvre, à condition que les créations dérivées restent sous la même licence. Elle se rapproche des licences Creative Commons et sert surtout aux artistes numériques, aux musiciens et aux auteurs de textes qui veulent une libre circulation de leur création dans l'espace public.

Ces trois réalités n'ont en commun que le mot. Pour un lycéen ou un étudiant en réorientation, la question porte presque toujours sur le diplôme universitaire, qui fait l'objet de la suite de cette page.

Les mentions et les parcours proposés par les universités

Le diplôme national de licence est organisé par mentions, elles-mêmes déclinées en parcours. Dans le champ artistique, on retrouve cinq mentions principales, avec des intitulés qui varient d'un établissement à l'autre.

Arts plastiques et arts visuels

La mention arts plastiques mêle ateliers de pratique (dessin, peinture, sculpture, installation, photographie, vidéo) et cours d'histoire et de théorie de l'art contemporain. L'étudiant y construit une démarche personnelle, évaluée sur dossier de travaux. Les parcours orientés vers la création numérique, le design graphique, le design d'espace ou l'image animée se multiplient, notamment à Strasbourg, à Lille et dans plusieurs universités de région. Ceux qui hésitent entre université et école peuvent comparer avec les écoles et DNMADE en arts plastiques, dont la logique d'atelier est plus intensive.

Arts du spectacle : théâtre, cinéma, danse

La mention arts du spectacle étudie le théâtre, le cinéma et l'audiovisuel, parfois la danse. On y apprend l'analyse de film et de mise en scène, l'histoire des formes, la dramaturgie, avec des ateliers de jeu, d'écriture ou de réalisation selon les sites. Ce n'est pas une école de comédien : le volume de pratique reste inférieur à celui d'un conservatoire ou d'une école supérieure d'art dramatique.

Musique et musicologie

Le parcours musique et musicologie demande un niveau de lecture musicale et de formation de l'oreille déjà solide. Il couvre l'histoire de la musique, l'analyse, l'harmonie, l'ethnomusicologie, l'acoustique et souvent la pratique collective. Dans plusieurs universités, la composante porteuse est une UFR de lettres et sciences humaines (c'est le cas à Reims) ou une faculté dédiée aux arts ; la composante porteuse fixe le calendrier, les règles d'examen et le service de scolarité auquel s'adresser. Les débouchés propres à ce champ, de l'éducation musicale à la production, sont détaillés sur la page consacrée aux carrières de la musique et à leurs formations.

Histoire de l'art et mention « Arts » pluridisciplinaire

L'histoire de l'art (souvent couplée à l'archéologie) est plus théorique : on y étudie les œuvres, les périodes, le patrimoine, l'iconographie, la philosophie de l'art et l'esthétique. Certaines universités, comme Strasbourg ou Lille, proposent enfin une mention « Arts » qui croise plusieurs disciplines et laisse l'étudiant se spécialiser au fil des semestres. À Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ces enseignements relèvent de l'École des arts de la Sorbonne.

MentionPart de pratiquePrérequis utilesMasters fréquents
Arts plastiquesÉlevée (ateliers)Pratique personnelle, dossier de travauxCréation, MEEF arts plastiques, commissariat
Arts du spectacleMoyenneCulture théâtrale ou cinéma, curiosité pour l'analyseÉtudes théâtrales, cinéma, production
MusicologieMoyenneSolfège, pratique instrumentale ou vocaleMusicologie, MEEF éducation musicale
Histoire de l'artFaibleGoût de la lecture et de l'écritPatrimoine, musées, recherche
Arts (pluridisciplinaire)VariableProjet encore ouvertSelon la spécialisation de L3

Comment se déroule la formation, semestre après semestre

La licence se déroule sur six semestres. La première année pose un socle commun : histoire des arts, méthodologie universitaire, initiation à plusieurs pratiques, langue vivante. La deuxième année resserre le parcours et introduit des options. La troisième année approfondit un domaine, avec un mémoire court, un projet tutoré ou un stage en milieu professionnel selon les établissements.

L'enseignement prend trois formes : les cours magistraux (histoire, théorie, esthétique), les travaux dirigés (analyse d'œuvres, commentaire, exposés) et les ateliers pratiques. Le volume horaire varie beaucoup : une fiche de formation publiée par une université indique le détail par unité d'enseignement et par semestre, et c'est la première information à lire avant de candidater. Les supports de cours, de plus en plus déposés sur un espace numérique, ne remplacent pas la présence en atelier, où se fait l'essentiel de l'apprentissage pratique.

Une part du travail se fait hors de l'université : fréquentation des lieux culturels (musées, théâtres, salles de concert, centres d'art), visites d'expositions, rencontres avec des artistes. Les établissements les mieux dotés organisent des partenariats avec des scènes, des conservatoires ou des écoles d'art, ce qui donne accès à des plateaux, des studios ou des ateliers équipés. Ce lien avec les lieux de création est une expérience professionnelle à part entière, que le dossier de master valorisera. Les étudiants en situation de handicap peuvent demander un aménagement des cours et des examens auprès du service d'accueil de leur université.

Quels sont les objectifs de la licence arts ?

Les fiches officielles, comme celles du répertoire de France compétences, décrivent des objectifs assez proches d'une université à l'autre. La licence vise à former des diplômés capables de :

  • situer une œuvre ou une pratique dans son histoire et dans son contexte culturel ;
  • analyser une production artistique avec les outils théoriques de la discipline (sémiologie, esthétique, sociologie de l'art) ;
  • conduire un projet de création ou de médiation, de la conception à la mise en œuvre ;
  • rédiger, présenter et défendre un travail devant un public ;
  • mobiliser les compétences transversales d'un diplômé bac+3 : recherche d'information, travail en équipe, organisation, langue étrangère.

Ces compétences préparent moins à un métier précis qu'à une famille de métiers : la création, la transmission, l'organisation et l'administration de la culture.

La fiche de certification, une information à lire avant de candidater

Chaque mention de licence fait l'objet d'un enregistrement de droit au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). La fiche de certification professionnelle décrit les blocs de compétences, les secteurs d'activité visés et le type d'emploi accessible : c'est une base plus fiable que la plaquette commerciale d'un établissement. On y lit par exemple la place de l'anglais ou d'une autre langue vivante, le poids des compétences numériques et la dimension professionnelle de la troisième année. Cette fiche ne remplace pas la maquette détaillée de l'université, qui donne les matières, les crédits ECTS et le volume horaire de chaque unité d'enseignement ; les deux documents se complètent, et la plupart des sites des universités les proposent en téléchargement au format PDF.

Quelles études pour une licence en arts, et avec quel dossier ?

L'admission en première année passe par la plateforme nationale Parcoursup, avec ses attendus propres aux vœux arts et culture. La licence est un diplôme public non sélectif par principe, mais les formations en tension classent les dossiers. Les jurys regardent les bulletins de première et de terminale, le projet de formation motivé, et parfois un dossier de travaux ou une description de la pratique personnelle (atelier, conservatoire, théâtre amateur, réalisation de courts métrages).

Aucune spécialité de lycée n'est imposée, mais la spécialité arts (arts plastiques, musique, théâtre, cinéma-audiovisuel, histoire des arts, danse) est un atout lisible, tout comme humanités, littérature et philosophie. En musicologie, une pratique instrumentale ou vocale et une lecture de partition sont attendues dès l'entrée ; certaines universités font passer un test de niveau.

Une entrée en deuxième ou troisième année est aussi possible, par validation des études ou des acquis de l'expérience, pour un étudiant venu d'une classe préparatoire, d'un BTS, d'une école d'art ou d'une autre licence.

Les questions qui reviennent avant de choisir une licence en arts

Quelle est la différence entre licence et master en arts ?

La licence (bac+3) donne une culture générale de la discipline et une base pratique. Le master (bac+5) spécialise : création, recherche, médiation, gestion culturelle, enseignement. La plupart des métiers d'encadrement culturel et l'enseignement en collège et lycée demandent le master.

Une licence arts permet-elle de devenir artiste ?

Elle n'est pas une école d'art : on n'y obtient pas de statut d'artiste. Elle donne une culture, un réseau et du temps de pratique. Beaucoup d'artistes plasticiens passent plutôt par une école supérieure d'art, mais une licence peut précéder ou accompagner ce parcours.

Peut-on suivre une licence artistique à distance ?

Quelques universités proposent des enseignements à distance, surtout en histoire de l'art et en musicologie théorique. Les parcours à forte pratique d'atelier ou de plateau s'y prêtent mal.

La licence est-elle reconnue dans d'autres pays européens ?

Oui, ses 180 crédits ECTS s'inscrivent dans le système européen, ce qui facilite un semestre Erasmus ou une poursuite d'études à l'étranger.

Quels débouchés pour une licence artistique ?

La poursuite en master reste la voie dominante après une licence en arts : les données d'insertion publiées par les universités montrent qu'une large majorité des diplômés continue ses études. Les débouchés se lisent donc à deux horizons.

Directement après le bac+3

Un diplômé peut viser des postes d'assistant ou de chargé de projet dans une structure culturelle, d'animateur d'ateliers artistiques, de médiateur dans un musée ou un centre d'art, d'assistant de production dans une compagnie ou une société audiovisuelle, de chargé d'accueil et de relation avec le public. Les métiers de la médiation culturelle auprès des publics sont parmi les plus accessibles à ce niveau, souvent par un contrat de service civique ou un premier emploi associatif.

Après un master

Famille de métiersExemplesMaster ou concours associé
EnseignementProfesseur d'arts plastiques, d'éducation musicaleMaster MEEF, CAPES, agrégation
Administration de la cultureChargé de production, administrateur de compagnie, chargé de diffusionMaster gestion ou management culturel
Patrimoine et muséesChargé de collections, régisseur d'œuvres, conservateurMaster patrimoine, concours INP
Création et diffusionArtiste-auteur, scénographe, commissaire d'expositionMaster création, école supérieure d'art
RechercheEnseignant-chercheurMaster recherche puis doctorat

Pour l'administration de la culture, le master en gestion et management des structures culturelles est la suite la plus suivie. Dans le spectacle vivant, beaucoup de diplômés travaillent ensuite sous contrats courts et relèvent du régime de l'intermittence et de ses conditions d'ouverture de droits.

Licence universitaire, école d'art ou conservatoire : trois logiques différentes

La licence se distingue des autres voies de l'enseignement artistique supérieur par son équilibre entre pratique et théorie. Une école supérieure d'art (DNA, DNSEP), un conservatoire ou une école nationale de théâtre consacrent l'essentiel du temps à la pratique, recrutent sur concours et accueillent des promotions réduites. L'université accueille plus d'étudiants, coûte peu (droits d'inscription nationaux), et donne une culture théorique, une méthode de recherche et une ouverture à plusieurs domaines.

Les deux logiques se combinent souvent : un étudiant de musicologie peut suivre un cursus de conservatoire en parallèle, un étudiant d'arts plastiques peut présenter une école d'art après sa L2 ou sa L3. Pour comparer les voies du théâtre, de la danse et du cirque, la page sur la formation au spectacle vivant et ses écoles détaille les concours et les cursus.

Réussir sa licence et préparer la suite

Le taux de passage de première en deuxième année est, en arts comme dans d'autres filières universitaires, plus faible que dans les formations sélectives : l'autonomie demandée surprend. Quelques habitudes font la différence.

  • Tenir un carnet ou un portfolio dès le premier semestre : il servira pour les candidatures en master et pour les premières démarches professionnelles.
  • Fréquenter les lieux de diffusion, même modestes : galeries, scènes locales, festivals, cinémas d'art et d'essai.
  • S'engager dans une association étudiante, une revue, un ciné-club ou une production de fin d'année.
  • Chercher un stage ou un bénévolat dans une structure culturelle avant la L3 : le premier réseau se construit là.
  • Se renseigner sur les aides : bourses sur critères sociaux, aides à la mobilité, dispositifs propres à l'université.

Ceux qui s'interrogent sur la place de ce diplôme dans l'ensemble des métiers de la culture, leurs salaires et leurs voies d'accès gagneront à croiser ces informations avec les fiches de l'Onisep et les enquêtes d'insertion publiées par chaque université.

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